Mercredi
11 Avril 2007 | 5:00 | Beyrouth
VIENT
DE PARAÎTRE - L’auteur signera son roman le samedi 14
avril à la librairie Antoine (ABC), à partir de 17h00
«Fermée
pour inventaire», de Maya Waked: une jeune vie
libanaise...
L'Orient-Le
Jour, L'article de Zéna ZALZAL
Clouée sur son lit d’hôpital, Noura, gravement
accidentée, égrène ses souvenirs au rythme du
va-et-vient inquiet de ses proches à son chevet.
Dans son immobilité forcée, la jeune femme s’évade
en déroulant le fil de sa courte existence. Sous les
yeux clos défilent les images : l’enfance durant la
guerre, l’harmonie familiale, les conquêtes, les déceptions,
Paris, Beyrouth, New York, les villes de ses amours passées...
Guidée par sa soif de comprendre et sa quête du vrai
bonheur, Noura fait l’inventaire de sa vie – pour le
moment fermée, suspendue entre deux rives, deux
nouveaux départs – qu’elle revoit par flash-back,
revisitant, dans son parcours, le meilleur comme le pire,
les fêlures comme les triomphes.
Fermée pour inventaire (éditions Bénévent) est le
premier roman de Maya Waked. Et comme tout premier roman
– à de très rares exceptions près –, il ne
s’agit pas ici d’une œuvre hautement littéraire,
mais d’un récit aux accents d’autofiction.
Car, bien qu’elle s’en défende et signale dans une
exergue qu’« il s’agit d’une pure fiction », il
y a certaines similitudes entre la biographie de
l’auteur et la vie de son personnage. En effet, Maya
Waked est née quelques années avant le début de la
guerre libanaise, a grandi à Beyrouth et a poursuivi
ses études universitaires à Paris, « en sciences
politiques et en communication ».
Pour le reste, c’est-à-dire la situation familiale,
les amours et les aventures, même totalement fictives,
elles n’en demeurent pas moins fortement imprégnées
d’une réalité purement libanaise. Et c’est là que
réside la force de ce roman.
Dans le processus d’identification que sa lecture ne
manquera pas d’enclencher chez nombre de lecteurs et
de lectrices surtout. Notamment la génération de
guerre. C’est-à-dire ceux et celles qui auront grandi
à l’ombre des sacs de sable et des lignes de démarcation,
qui auront connu les éternels déplacements pour fuir
les bombardements, qui auront vécu les ambivalences de
l’exil et le sentiment d’être étranger de retour
dans son propre pays.
Des situations et sentiments que la plume – sensible
mais qui gagnerait à être plus sophistiquée – de
Maya Waked sait décrire avec finesse. Un ouvrage à la
lecture facile, et un portrait de Libanaise moderne dans
lequel beaucoup se reconnaîtront.
Après avoir participé au Salon du livre de Paris, le
mois dernier, où elle a signé son roman au stand des
éditeurs libanais, Maya Waked, qui vit actuellement à
Dubaï, passera à Beyrouth, pour une séance de
signature, ce samedi, 14 avril, de 17h00 à 20h00, à la
librairie Antoine de l’ABC.
Zéna ZALZAL